Goldoni et Maggiulli, pour le bonheur

Le fondateur de la Comédie Italienne met en scène « Le Collier de la Princesse », fantaisie enjouée imaginée pour le plaisir des spectateurs.

Une bonne nouvelle au cœur du mois d’août : la Comédie Italienne est ouverte et présente un nouveau spectacle.

Derrière la façade bleue ciel, on retrouve les fantasmagories théâtrales que l’on aime. Des masques, des plumes, des costumes somptueux.

Et puis, dans le couloir, accrochés à une grille, des dizaines de colliers, perles et pierres, or, argent, des tours du cou, de longs sautoirs…Des colliers de théâtre qui brillent dans les lumières rougeoyantes attisées par des murs de cet endroit merveilleux.

Les dames sont invitées à choisir l’un de ces colliers. On les rend à la fin du spectacle, évidemment. Ils ont tous du charme mais n’ont pas le pouvoir, le charme au singulier, de celui qui est au centre de la comédie enjouée et facétieuse que met en scène Attilio Maggiulli.

La pièce s’intitule Le Collier de la Princesse ou le Talisman. L’homme de théâtre qui a fondé la Comédie Italienne, consacrée en grande partie au maître vénitien, nous rappelle que Carlo Goldoni écrivit en 1726 un canevas qu’il intitula Le Talisman magique.

Dans cette esquisse, il y a un collier magique. Le traducteur et adaptateur, comme il s’en amuse toujours, ajoute quelques allusions insolentes à l’actualité… Et circonscrit ainsi l’intrigue : « Il s’agit d’un collier magique que deux aigrefins réussissent à vendre à un docteur balourd pour qu’il l’offre à une fantomatique princesse dont il s’est énamouré. »

Attilio Maggiulli a tant d’esprit et de force morale qu’il arrive à se moquer de lui-même. Ces dernières années, beaucoup de gens, et très importants, ont voulu l’abattre.

Il a donc écrit un très vif prologue : les comédiens de la troupe se présentent. Beaucoup d’acteurs ont fui. Ils ne sont plus que cinq. Parviendront-ils à jouer la pièce…

Hélène Lestrade est bien sûr là. Toujours ravissante et charmeuse. A ses côtés deux très jolies interprètes : Maëlle Salomon, avec son visage d’adolescent(e), sa candeur, sa vivacité. Et Valentina Vandelli, la belle italienne que l’on a applaudie récemment dans l’évocation d’une femme inoubliable : Le Mouchoir de Marilyn Monroe qui s’est joué toute la saison dernière, avec Hélène Lestrade, également.

Côté Messieurs, saluons des interprètes hors pair : Jean-Jacques Pivert est d’abord ce docteur qui va se faire avoir…tandis que Vincent Morisse, longue tige ultra-sensible, se joue d’une intrigue qui demande des transformations.

Ici, les masques sont aussi importants que les visages nus. Les « personnages » sont vivants, vibrants, grâce à ce club des cinq unis par le talent. Ils sont vifs, déliés, unis et personnels, ils ont de la grâce et de très jolies voix. Un enchantement. On rit, on sourit. On s’amuse. On oublie tout pour ce moment magique de divertissement.

Un délice estival qui, espérons-le, fera la belle nouvelle saison de notre chère Comédie Italienne.

Comédie Italienne, du mardi au samedi à 20h30. Durée : 1h20. Relâches les dimanches et lundis.

17-19 rue de la Gaîté, 75014 Paris. Tél : 01 43 21 22 22.

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